mardi 16 septembre 2014

Le vice président de la Fondation ARSEP a mouillé le maillot


Content et heureux, Bernard Gentric l’est et peut l’être. Pari tenu et défi relevé, il a bouclé, le samedi 13 septembre, les 6h de Villenave d’Ornon. Ce pari n’était pourtant pas gagné d’avance. Une SEP diagnostiquée il y a plus de 17 ans, presqu’autant de poussées, des périodes de handicap plus ou moins stressantes et invalidantes (névrites optiques, paralysie des membres inférieurs, nécessité de se déplacer avec une canne) et au quotidien, depuis 17 ans, comme la plupart des patients, fatigue et douleurs. Malgré tout, il avait un atout : son parcours personnel qui lui a appris à toujours essayer de dépasser les obstacles, associé à un passé de sportif qui lui a appris l’endurance et la recherche permanente du dépassement de soi et de ses  limites. Ces principes de vie, il les a appliqués à sa maladie avec, bien sûr, l’aide indispensable des médecins et des traitements disponibles, mais aussi  avec ce qui avait été un plaisir et devenait une soupape et un espoir : l’activité sportive.

Dans les années 90, la majorité du corps médical considérait encore la pratique sportive et surtout la course à pied comme un risque pour les personnes atteintes de SEP. Bernard, dans le calcul « bénéfices/risques » a d’emblée parié sur les premiers. Rapidement, il a pu mesurer, et son entourage médical (neurologue, médecin, kiné) avec lui, les effets positifs de son activité sportive. Elle n’a pas empêché les poussées, les douleurs, la fatigue ; mais elle lui a permis chaque fois d’entrevoir la possibilité de défier la fatalité. Après chaque poussée invalidante, il a repris l’entrainement à zéro jusqu’au pari fou, en 2007, de refaire les 20kms de Paris en 2010. Il était alors hospitalisé, il pouvait à peine poser les pieds par terre et on ne lui cachait pas que la perspective du fauteuil roulant n’était pas exclue.

Il les a faits en 2010, comme prévu, encadré par famille et amis. En arriver là n’a pas été simple. Il s’est donné des objectifs pour progresser patiemment, continuer sans jamais renoncer devant les résistances de la maladie. Il les a faits à nouveau en 2011, puis 2012 ; cette année là les conditions étaient moins bonnes : temps exécrable, fatigue plus présente... Face à des problèmes d’équilibre importants, déçu, il a du abandonner au 17ème km. Il a alors considéré que des distances plus modestes seraient momentanément plus raisonnables. Il a pendant quelques mois baissé la barre à 10/12km.

Ayant repris confiance, il s’est essayé au trail. Toujours sur 10km, mais ce type de parcours (côtes, chemins chaotiques, pierreux, boueux…) demande plus d’efforts, d’endurance de concentration et de vigilance. 


C’est là que lui est venue l’idée d’un nouveau challenge. S’il pouvait courir un trail sur 10km, il devait pouvoir sur un circuit sécurisé, plat et sans obstacles, en maitrisant son allure et avec un peu d’entraînement, tenter une plus longue distance. Il avait, par le passé, couru le marathon en 2h43. Se donner l’objectif de tenter cette distance en 6h, pari fou pour son entourage, lui est apparu comme un nouveau défi à relever, pour tenter encore  une fois de repousser la limite, de se prouver et de montrer que c’est possible. 
Le chronométrage officiel a enregistré 40,3 km ; un tout petit peu moins que la distance mythique du marathon car SEP, la sournoise, ne l’a pas épargné. Après 3 heures de course et 25 km parcourus, la spasticité s’est rappelée à son bon souvenir avec son cortège de crampes et de contractures douloureuses. Les 3 dernières heures ont été plus difficiles ; la marche a souvent remplacé la course. Mais course ou marche, il ne s’est pas arrêté et au bout des 6h00, il avait dépassé la barre des 40kms.

Le plus important pour Bernard n’était pas la performance, mais le témoignage sur les bienfaits que l’activité physique peut apporter dans le combat contre la maladie, à chacun selon ses moyens et son envie.


C’est aussi un message à l’entourage des patients : comprenez-les, accompagnez-les, soutenez-les. Il ne suffit pas de leur dire « y a qu’à ». Parce que c’est compliqué pour eux, vous leur êtes indispensables.

Chacune, chacun est respectable dans l'anonymat et le secret de son combat.

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