jeudi 14 avril 2011

Fabienne : le sport est un élément vital

« Le jour où le verdict de la SEP est tombé, seule au volant je me suis posé la question une fraction de seconde s'il fallait rater le virage.
Âgée de 33ans, mes enfants avaient 6 mois et 4 ans et demi. Je n'avais pas le droit.
J'ai alors fait abstraction de la maladie, passé un examen pour évoluer professionnellement : je suis devenue chef d'équipe à la distribution du courrier. Je travaillais à 100km de chez moi. J'avais un traitement lourd. Au bout d'un an j'ai fait une sévère poussée...trop de stress et de fatigue. J'ai enfin pu être nommée près de chez moi.
Mais j’ai fait à plusieurs reprises des poussées sévères avec des périodes d'abandon du combat contre la maladie.
En 2004, j'ai découvert un Club de Sport où j'ai commencé doucement à pratiquer Step, Pump, Balance, Danse....
De nombreux cours sont proposés, différents les uns des autres. L'IDEAL POUR FAIRE AVEC LA FORME DU MOMENT!!!
Aujourd'hui le sport est devenu pour moi, comme pour de nombreux adhérents qui eux aussi ont eu de graves pathologies, une drogue.

Alors que je sors fatiguée de mon travail où je commence tôt, je m'arrête au club pour pratiquer une heure de sport. Et les jours où je ne travaille pas, j'y vais souvent 2 heures.
Le sport est un élément vital à mon bien être psychologique (lutter contre le stress à l'origine de nombreuses poussées dans la maladie), une façon de dire aussi à mon corps qu'il n'est pas fichu et qu'ensemble on va y travailler... 
Il m' est arrivé de faire du step avec un seul bras qui fonctionnait. Je m'arrangeais quand il fallait taper dans les mains. Les exercices d'équilibres sont pour moi une corvée alors je bidouille et parfois n'utilise qu’une seule jambe...PERSONNE NE LE VOIT! Et puis les gens sont chaleureux sans recherche de la performance. On fait du sport en s'amusant. Merci à nos profs qui nous boostent et nous amusent.

Lorsque je vais en cure thermale l'absence d'exercice physique fait que je ressens des lourdeurs dans les jambes, des événements sensitifs (impression de décharge électrique).Heureusement l'an dernier j'ai fait une très belle rencontre d'une dame qui faisait des marathons et dont le mari atteint de Parkinson très grand sportif avait baissé les bras et s'était pendu. Ensemble en courant nous évacuions toutes nos peines…
J'encourage tous les malades à ne pas s'isoler. Le week-end dernier nous avons fait un stand où des t-shirts Solidaires En Peloton ont été vendus pour la Fondation ARSEP. Cela se passait au palais des sports lors d'une porte ouverte du club. J'ai parlé de mon combat grâce au sport, nombreux ont été surpris de découvrir ma maladie. C'était un jour très fort, le maire de Château Thierry était là aussi.
Comme je le dis souvent à Sarah et Xavier, Carole, nos professeurs : sans vous, je ne serais pas ainsi. Aujourd'hui le tout est de le vouloir réellement et d'être bien entourée. »
Fabienne

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